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08.04.2008

Katharina

Je me suis disputé avec Katharina Flunch-Barrows à propos de VillaBar. C’est amusant comme on peut prendre à cœur des choses qui n’existent pas. Alors je me demande qui existe et qui n’existe pas. La science prend la mesure des choses. Mais alors comment pourrait-elle mesurer l’immesurable ou le démesuré ? Les personnages imaginaires font partie de ces entités qui échappent au Réel. Pourtant, échapper au réel n’est pas un gage d’inexistence. Plus j’approche de la mort, ou plutôt, plus la mort m’approche, plus je comprends que l’imaginaire est aussi présent, vivant et vrai que ce que les gens embourbés dans la mesure appellent le Réel, ou encore la Réalité.

Katharina pense que les personnages de VillaBar, et donc les acteurs, sont à l’origine des histoires : ce sont eux qui inspirent les scénaristes et écrivains. Je pense le contraire. Les écrivains créent et les acteurs suivent.

Katharina pense qu’un personnage imaginaire est organique : il possède sa vie à venir en lui et l’auteur qui prend en charge le personnage n’a pas d’autre choix que de déployer un destin déjà pré-existant. Je crois, au contraire, que les personnages ne sont rien. Les mots qu’on leur met dans la bouche, les gestes qu’on met dans leurs bras, les circonstances qu’on met dans leur vie leur donnent chair et lumière. Sans cela, ils sont flasques et mornes.

La dispute fut ardue, ardente. L’art n’a pas fini de nous déchirer ! L’alcool, heureusement, n’a pas fini de nous rasséréner. En effet, malgré la formelle interdiction de mes médecins, Katharina et moi avons noyé nos discordes dans de l’alcool de pomme.

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Commentaires

A VillaBar, les acteurs sont aussi les personnages. Ou les personnages sont les acteurs. Je ne sais plus très bien. Ceux qui pensent que Lilas et Yeux Noirs n'existent pas, que Bob et John n'ont jamais été les stars du Beith et que Stanislas et Andreï ne sont pas d'obscurs personnages qui termineront certainement avec un poignard dans le dos dans une impasse perdue du XXème arrondissement me paraissent bien sûrs d'eux et feraient mieux de venir observer les étranges scènes qui ont parfois lieu au Piston Pélican un dimanche soir. Mavra se fera un plaisir de les recevoir comme on accueille les espions et les traitres.

Ecrit par : Mavra | 13.04.2008

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