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18.04.2008

Le peuple des derniers solitaires

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« Les œuvres collectives issues de VillaBar sont fascinantes à plus d'un titre, mais surtout par cette tentative forcenée d'improviser un collectif de solitaires. Collectif provisoire, éphémère autant qu'un tour de force. Mais chaque mois VillaBar renaît de ses cendres. Dans son journal, Gombrowicz avait sûrement raison : « Mais n'oublions pas que l'Art est chargé et nourri d'éléments de solitude et de parfaite autonomie, c'est en lui-même qu'il trouve sa satisfaction et sa raison d'être. Une patrie ? Mais tout homme éminent, du simple fait de son éminence, est un étranger même à son propre foyer ». VillaBar deviendrait-il la patrie d'une seule nuit pour le peuple des derniers solitaires ? »

 

Quelle beauté que ce commentaire de Où sont les enfants (un blog-maison d’édition, qui fait des livres photographiés), lu ce soir sous le dernier message « Etrange texte d’Esther Mar » de Romantica Atlantica.

 

C’est la première fois que j’entends parler de ce peuple sans race ni langue ni religion, dont j’ai toujours su que je faisais partie. Le peuple des derniers solitaires existe donc ? Ce n’était pas qu’une illusion née d’un malheur personnel ?

 

Etranger à tous, me voilà réuni à ces autres sans patrie dont l’exil n’est pas factuel, mais inné.

 

 

VillaBar donc, auquel je n’ai jamais pu assister, et pour cause, VillaBar donc est une « tentative forcenée d’improviser un collectif de solitaires ». Si l’obscure clarté existe, si l’immense petitesse est possible, si la multitude vide est une réalité, alors, oui, nous pouvons croire au collectif de solitaires.

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17.04.2008

Esther ouvre un blog

Esther Mar fait une révolution (elle n’aime pas ce joli mot, je le sais bien). Elle ouvre un journal en ligne ! Pour l’instant elle y a surtout reporté des documents présents sur son immuable site. Mais sans doute cela va-t-il se déployer dans les jours à venir. J’ai ressenti une immense surprise, puis beaucoup d’amusement à cette nouvelle. Bien entendu, je me suis un peu moqué d’elle. Comment va-t-elle supporter les relations avec les lecteurs ? Elle qui n’aime ni la nuit, ni le jour, elle qui n’aime rien que l’angoisse en impulsion.

Esther se livre... et se délivre ?

 

Le blog d'Esther

 

 

08.04.2008

Katharina

Je me suis disputé avec Katharina Flunch-Barrows à propos de VillaBar. C’est amusant comme on peut prendre à cœur des choses qui n’existent pas. Alors je me demande qui existe et qui n’existe pas. La science prend la mesure des choses. Mais alors comment pourrait-elle mesurer l’immesurable ou le démesuré ? Les personnages imaginaires font partie de ces entités qui échappent au Réel. Pourtant, échapper au réel n’est pas un gage d’inexistence. Plus j’approche de la mort, ou plutôt, plus la mort m’approche, plus je comprends que l’imaginaire est aussi présent, vivant et vrai que ce que les gens embourbés dans la mesure appellent le Réel, ou encore la Réalité.

Katharina pense que les personnages de VillaBar, et donc les acteurs, sont à l’origine des histoires : ce sont eux qui inspirent les scénaristes et écrivains. Je pense le contraire. Les écrivains créent et les acteurs suivent.

Katharina pense qu’un personnage imaginaire est organique : il possède sa vie à venir en lui et l’auteur qui prend en charge le personnage n’a pas d’autre choix que de déployer un destin déjà pré-existant. Je crois, au contraire, que les personnages ne sont rien. Les mots qu’on leur met dans la bouche, les gestes qu’on met dans leurs bras, les circonstances qu’on met dans leur vie leur donnent chair et lumière. Sans cela, ils sont flasques et mornes.

La dispute fut ardue, ardente. L’art n’a pas fini de nous déchirer ! L’alcool, heureusement, n’a pas fini de nous rasséréner. En effet, malgré la formelle interdiction de mes médecins, Katharina et moi avons noyé nos discordes dans de l’alcool de pomme.

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