18.04.2008

Le peuple des derniers solitaires

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« Les œuvres collectives issues de VillaBar sont fascinantes à plus d'un titre, mais surtout par cette tentative forcenée d'improviser un collectif de solitaires. Collectif provisoire, éphémère autant qu'un tour de force. Mais chaque mois VillaBar renaît de ses cendres. Dans son journal, Gombrowicz avait sûrement raison : « Mais n'oublions pas que l'Art est chargé et nourri d'éléments de solitude et de parfaite autonomie, c'est en lui-même qu'il trouve sa satisfaction et sa raison d'être. Une patrie ? Mais tout homme éminent, du simple fait de son éminence, est un étranger même à son propre foyer ». VillaBar deviendrait-il la patrie d'une seule nuit pour le peuple des derniers solitaires ? »

 

Quelle beauté que ce commentaire de Où sont les enfants (un blog-maison d’édition, qui fait des livres photographiés), lu ce soir sous le dernier message « Etrange texte d’Esther Mar » de Romantica Atlantica.

 

C’est la première fois que j’entends parler de ce peuple sans race ni langue ni religion, dont j’ai toujours su que je faisais partie. Le peuple des derniers solitaires existe donc ? Ce n’était pas qu’une illusion née d’un malheur personnel ?

 

Etranger à tous, me voilà réuni à ces autres sans patrie dont l’exil n’est pas factuel, mais inné.

 

 

VillaBar donc, auquel je n’ai jamais pu assister, et pour cause, VillaBar donc est une « tentative forcenée d’improviser un collectif de solitaires ». Si l’obscure clarté existe, si l’immense petitesse est possible, si la multitude vide est une réalité, alors, oui, nous pouvons croire au collectif de solitaires.

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08.04.2008

Katharina

Je me suis disputé avec Katharina Flunch-Barrows à propos de VillaBar. C’est amusant comme on peut prendre à cœur des choses qui n’existent pas. Alors je me demande qui existe et qui n’existe pas. La science prend la mesure des choses. Mais alors comment pourrait-elle mesurer l’immesurable ou le démesuré ? Les personnages imaginaires font partie de ces entités qui échappent au Réel. Pourtant, échapper au réel n’est pas un gage d’inexistence. Plus j’approche de la mort, ou plutôt, plus la mort m’approche, plus je comprends que l’imaginaire est aussi présent, vivant et vrai que ce que les gens embourbés dans la mesure appellent le Réel, ou encore la Réalité.

Katharina pense que les personnages de VillaBar, et donc les acteurs, sont à l’origine des histoires : ce sont eux qui inspirent les scénaristes et écrivains. Je pense le contraire. Les écrivains créent et les acteurs suivent.

Katharina pense qu’un personnage imaginaire est organique : il possède sa vie à venir en lui et l’auteur qui prend en charge le personnage n’a pas d’autre choix que de déployer un destin déjà pré-existant. Je crois, au contraire, que les personnages ne sont rien. Les mots qu’on leur met dans la bouche, les gestes qu’on met dans leurs bras, les circonstances qu’on met dans leur vie leur donnent chair et lumière. Sans cela, ils sont flasques et mornes.

La dispute fut ardue, ardente. L’art n’a pas fini de nous déchirer ! L’alcool, heureusement, n’a pas fini de nous rasséréner. En effet, malgré la formelle interdiction de mes médecins, Katharina et moi avons noyé nos discordes dans de l’alcool de pomme.

12.01.2008

Le banquet annuel des fantômes

J’invite les Parisiens valides (ainsi que les riches NewYorkais qui peuvent se payer un aller et retour pour passer le dimanche soir à Paname) à se rendre à VillaBar le dimanche 20 janvier à 18h30 pour participer au banquet annuel des fantômes.

C’est ouvert à tous.

Le lieu : le bar du Piston Pélican, qui se trouve 15, rue de Bagnolet, au métro Alexandre Dumas. Entre 18h30 et 22h.

Le site de VillaBar sera plus précis que moi.

VillaBar est une production d’AlmaSoror. C’est de l’art de bar participatif. Vous arrivez au bar et buvez un coup dans un ambience incongrue. Les photographes vous prennent en photo, ensuite un auteur écrit un texte. Le tout donne un romanphoto. Par ailleurs, les personnages de VillaBar (vous, peut-être) mènent une vie parallèle sur un blog tenu par l’équipe villabarienne.

Les photographes qui shooteront le banquet annuel des fantômes sont Olivier Estord (un type parait-il très doué qui participa activement au squat de Goumen, 75020), Isabelle Ferrier et Sara (habituées de VillaBar).

L’écrivain qui s’attellera au texte du romanphoto est Iris Ducorps (scénariste de télévision).

Axel RANDERS

08.01.2008

Piège Brutal, romanphoto

Piège Brutal : c’est le titre du troisième romanphoto élaboré par VillaBar.

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Sara, auteur-illustratrice jeunesse, l’écrivit. Sara, Marie-Claire Bordaz et Isabelle Ferrier le photographièrent.

Piège Brutal raconte l’histoire d’Andreï Tarkov, un jeune flic du XXème siècle qui possède une mentalité de chevalier moyen-âgeux. Cette dichotomie entre l’homme et son siècle facilite la tâche de ses ennemis. L’un d’eux, Stanislas Tichy, trouve un moyen de le ridiculiser et par là de se débarrasser de sa présence : il le force à combattre contre une jeune femme boxeuse.

Or, Andreï Tarkov (très bien campé par William Fontaine), ne peut cogner une femme. Il ne peut non plus se laisser battre par une femme. Sous le signe de du Guesclin, de Bayard, de Don Quichotte et de Roland, le chevalier fait face à un dilemme courtois, d’un autre temps, qui ne retient ni la boxeuse soviétique, ni les truands et autres cadres supérieurs qui assistent au combat. Le combat intérieur de Tarkov est infernal. Mais le combat de boxe n’a pas lieu.

La chevalerie repart humiliée par son inadaptation totale au monde moderne.

En plus de ce romanphoto le troisième épisode de VillaBar a donné lieu à la création d’un blog des personnages de VillaBar, où les personnages que campent les clients du bar Piston Pélican le troisième dimanche du mois poursuivent leur vie virtuelle. J’ai particulièrement apprécié les personnages de Joan et Miles Yufitran, frère et sœur irlando-berbères fâchés à mort. Ainsi que le couple douloureux formé par Taavi et Katiu Laponen, joueur d’échec et violoniste dépressifs.