11.01.2008
Le Temps des visages
C’est avec une certaine gêne que nous avons abordé le sujet du Temps des visages.
Le Temps des visages, c’est une œuvre qu’Edith entame. Elle voudrait photographier les visages de ses amis d’une certaine façon, pendant un certain laps de temps.
Elle m’en avait parlé mais n’avait pas osé me demander si je voulais être photographié par elle. Bien que je sentasse toute la délicatesse qu’il y avait à ne pas me le proposer, quelle vexation…
(Edith par sa mère, quand elle avait les cheveux longs)
Alors ce fut un plaisir d’entendre sa voix hésitante prononcer la demande.
Et j’ai dit oui.
Elle viendra à Zurich me tirer le portrait régulièrement. Mais ne compte pas publier ce travail dans AlmaSoror. « ça n’aurait rien à voir là-dedans », m’a-t-elle dit.
Les autres participants sont des amis dont j’ai entendu parler mais que je ne connais pas (sauf Mark).
Axel RANDERS
18:30 Publié dans Errances humanimales | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : AlmaSoror, Edith de Cornulier, Visage, Temps
18.12.2007
Histoire de ma prise de conscience en faveur des animaux

Edith m’avait dit : « imagine qu’ils ont un visage, chacun, qui soit aussi individuel et aussi important que le tien. Imagine que chacun d’entre eux ait la même valeur inaliénable qu’un être humain. Tu verras que l’air entrera par les fenêtres de ta pensée et toutes tes idées se rafraîchiront ; mais tu ne perdras rien de ce à quoi tu tiens : le respect profond et entier de chaque personne humaine ».
Pourtant, moi qui avais bien voulu respecter les animaux comme une partie de la nature, qui mérite d’être laissée en vie et pourquoi pas, d’être protégée, je ne voulais pas considérer qu’un animal puisse être un individu. Un être en lui-même, dont la vie a une valeur en soi. Envisager de dévisager un animal, cela m’était hors de portée, pour des raisons qui montaient du plus profond de mes forêts intérieures.
Ce qui est étrange, c’est ma peur de m’ouvrir au respect de l’animal.
J’en avais peur comme un enfant a peur du noir.
Je me disais : de l’autre côté de cette pensée, commence un nouveau monde. Les panneaux de signalisation ne seront plus les mêmes, peut-être même qu’il n’y en aura pas. Le froid, la peur, le chaud, la folie s’y mélangent aux attraits qui me séduisent. Je ne pourrai m’en dépétrer et perdrai beaucoup de plumes, morales, intellectuelles, physiques, avant de trouver mon chemin. Peut-être que de l’autre côté de cette pensée, le monde est autre et plus jamais je ne pourrai revenir.
J’avais peur comme un croyant a peur de remettre en question l’existence de Dieu. J’avais peur de la chute du sens moral, de la chute de tout ce qui donne un sens au monde, de ma propre chute.
Comment se fait-il que la supériorité humaine, Dieu et la veilleuse provoquent les mêmes soulagements chez l’enfant seul dans la nuit ? Comment se fait-il que le dévisagement des autres animaux, Dieu et le noir provoquent les mêmes peurs chez l’enfant seul dans la nuit ?
Zurich-Paris
Dialogue téléphonique d’un soir avec mon amie Edith de Cornulier Lucinière, d’AlmaSoror.
Moi :
- La question est : comment allons-nous respecter les êtres humains si nous commençons à dire que les animaux les valent ?
Elle :
- La question est : de quelle nature est notre respect des êtres humains si le fait de respecter quelqu’un d’autre autant qu’eux les détrône immédiatement ?
A l’heure actuelle, je ne sais que penser. J’aimerais éclaircir le sujet avant de mourir.
Vôtre
AXEL
20:20 Publié dans Errances humanimales | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : animal, antispécisme, visage, humanité, dieu


